Dans le cadre du contrôle sanitaire exercé par l’ARS, des prélèvements d’eau ont été effectués le 26 mai 2011 sur le réseau de Champlitte-Leffond et le 31 mai sur celui de Vauconcourt-Nervezain, en vue de rechercher les pesticides.
Les techniques analytiques utilisées pour de telles recherches nécessitent un délai de trois semaines pour rendre les résultats. Début juillet, les résultats ont mis en évidence la présence excessive d’anthraquinone dans les échantillons analysés. De nouveaux échantillons ont été prélevés le 5 juillet à Champlitte-Leffond et le 12 juillet à Vauconcourt-Nervezain pour confirmer la contamination de l’eau.
Les résultats d’analyses ont confirmé en août des taux d’anthraquinone supérieurs à la limite de qualité sur les deux réseaux concernés.
L’anthraquinone a été utilisée comme pesticide en agriculture pour protéger les semences contre les dégâts des oiseaux. En France, son utilisation est interdite depuis le 15 juin 2010. Elle peut également se former par oxydation de composés présents dans les revêtements de certaines canalisations d’eau.
Dès les résultats confirmés, l'ARS a saisi le Ministère de la Santé et l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES). L'ANSES a confirmé que si la toxicité aigüe de l'anthraquinone est très faible, aucune donnée toxicologique n’est actuellement disponible pour quantifier le risque sanitaire lié à une ingestion chronique de cette molécule.
Par principe de précaution et en application des instructions du Ministère de la santé, l'ARS a donc proposé au Préfet des restrictions d'usage de l'eau sur les six communes concernées : le hameau de Leffond sur la commune de Champlitte, Vauconcourt-Nervezain et les quatre communes alimentées par cette collectivité : Fleurey-les-Lavoncourt, Villers-Vaudey, le hameau de Betoncourt-les-Menetriers, et la commune de La-Roche-Morey. Les restrictions d'usage ont été prononcées par deux arrêtés préfectoraux du 17 août 2011, et concernent au total 720 usagers.
Les maires et habitants de ces six villages ont donc été informés qu'ils ne doivent plus utiliser l’eau du réseau pour les usages suivants : boisson, fabrication de glace et de glaçons, lavage des dents, préparation des aliments, y compris la cuisson (hormis le lavage des aliments).
De nouveaux prélèvements ont été effectués par l'ARS les 18 et 25 août 2011 en différents points des réseaux de distribution, pour suivre la contamination et tenter d’en déterminer l’origine.
Les résultats des prochaines analyses sont attendus pour la deuxième semaine de septembre. Dans l'attente, les restrictions d'usage de l'eau sont maintenues.